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Douleur Pratique

Gestion de la douleur : les enseignements du monde animal

Que nous apprennent les animaux sauvages en matière de gestion de la douleur ? Rester actif est crucial.

Sciatique, cruralgie, lombalgie ou mal de dos, cervicalgie, douleur de genou, tendinite à l’épaule, etc. Qu’elle soit aiguë ou chronique, la douleur est fondamentalement une expérience désagréable. C’est pourquoi tout un chacun est en recherche de solutions pour l’éviter, la supprimer ou la gérer.

En tant que kinésithérapeute, je suis naturellement intéressé pour proposer de telles solutions à mes patients. Pour ce faire, je parcours régulièrement la littérature scientifique sur les causes de la douleur. Je m’interroge également sur sa fonction : pourquoi la nature nous a-t-elle équipé pour avoir mal ?

Au détour d’une de mes lectures, j’ai découvert que les animaux sauvages pouvaient constituer une source précieuse d’enseignements en matière de traitement et de gestion de la douleur.

Le point de départ de la réflexion est le suivant : il semble que les animaux sauvages ne souffrent pas de douleurs chroniques, contrairement aux animaux d’élevage ou domestiques. Dans cet article, j’examine :

Cette iconographie présente les éléments à retenir concernant les enseignements du monde animal en matière de gestion de la douleur et de traitement de la douleur.

Animaux sauvages : à l’abri des douleurs chroniques ?

Il semble que les animaux sauvages soient bel et bien épargnés par les douleurs chroniques !

Bon, la réalité est sûrement un peu plus compliquée que celle-là. Il n’empêche qu’à ce jour, personne n’aurait identifié de douleurs chroniques parmi la faune sauvage.

Les chercheurs ont-ils suffisamment étudié le sujet ? Ont-ils observé correctement les animaux ? Peut-être pas.

En attendant, nous disposons d’études sur des primates tels que les bonobos et les chimpanzés dans des milieux sauvages ou semi-sauvages (les réserves). Certains de ces travaux portent sur des individus blessés et qui ont récupéré. Aucune de leurs douleurs traumatiques ne semble devenir chroniques.

Quel est leur truc ?

À cause des contraintes de la vie sauvage, les animaux sauvages sont tenus de rester actifs, même en cas de blessure.

Trouver à manger, s’abriter, se protéger des prédateurs sont autant d’activités que ne peut longtemps suspendre un animal blessé. Autant d’activités dont nous humains sommes largement dispensés dans le monde moderne. Idem pour les animaux d’élevage ou domestiques.

Ce serait donc la reprise rapide d’une vie active qui garderait les animaux sauvages de voir leurs douleurs devenir chroniques.

Est-ce que cela peut marcher aussi pour les humains ?

Oui ! Pour la majorité des problèmes douloureux, rester suffisamment actif est une des clés d’une bonne récupération.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le slogan de la campagne de l’Assurance maladie contre le mal de dos est : « Traitement du mal de dos : le bon traitement, c’est le mouvement ! » (Et qu’elle écrit aussi à juste titre : « Le véritable ennemi du dos, c’est le repos. »).

Quelle conséquence pratique pour la gestion de la douleur ?

Rester actif autant que possible contribue à empêcher les douleurs de devenir chroniques. Cela permet également de mieux contrôler les douleurs existantes.

Reste à déterminer ce que « rester actif autant que possible » veut dire pour vous…

Quelle utilité du kiné pour la gestion de la douleur ?

« Rester actif autant que possible » peut paraître assez flou.

Dois-je reprendre le travail ? Si oui dois-je reprendre le travail comme avant ? Puis-je continuer à pratiquer tel ou tel sport ? Rester actif d’accord, mais est-ce je dois continuer à faire telle ou telle activité pour l’instant ? Si j’ai vraiment mal est-ce que je dois rester actif à tout prix ? N’y a-t-il pas certains cas où je risque d’aggraver ma situation en restant trop actif ? Etc.

Toutes ces questions sont parfaitement légitimes. Toutes ces questions méritent une réponse au cas par cas.

Le kiné est là pour répondre à vos interrogations. Il peut vous aider à trouver et à ajuster au mieux le type et la dose de mouvements nécessaires à l’amélioration de votre état. Il peut également vous assister pour optimiser votre stratégie générale de gestion de la douleur chronique.

(C’est par exemple le cas pour une douleur persistante après entorse de cheville. À ce titre, vous pouvez lire l’article Entorse de cheville : que faire quand la douleur persiste ?)

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RÉFÉRENCES

WILLIAMS A. (2019) Persistence of pain in humans and other mammals. Philosophical transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological sciences vol. 374, 1785: 20190276. doi:10.1098/rstb.2019.0276

WILLIAMS A. (2016) What can evolutionary theory tell us about chronic pain? Pain vol. 157, 788-790. doi10.1097/j.pain.0000000000000464

https://www.ameli.fr/savoie/assure/sante/themes/lombalgie-aigue/traitement-prevention

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